30 décembre 2011
Elle s'en va
Elle s'en va
Elle se lève dans l’ombre
Comme la chambre est sombre
Ce matin
Dans l’immeuble il est tôt
Elle met son manteau
Puis elle sort
Et il fait encore noir
Elle descend le boulevard
Elle s’en va
Le conducteur du car
Allume pour elle ses phares
Et sourit
La campagne défile
Elle s’éloigne de la ville
Elle est bien
Elle roule vers nulle part
Elle n’a plus de mémoire
Elle est perdue dans un songe
Un grand vide la ronge
Elle s’en va
Sous une pluie d ‘orage
A l’arrêt de la plage
Elle descend
Pieds nus dans le sable
Elle regarde d’un air vague
L’océan pendant un bref instant
Elle pense à ses enfants
Des images lui reviennent
Comme un film à l’ancienne
Puis plus rien
Camille
http://www.youtube.com/watch?v=8qVq8PKntPE
29 décembre 2011
Ecole
Je pense déjà à la prochaine année scolaire. Ton entrée à l’école.
Aimeras-tu ? Tu es intéressée par l’école ; tu voudrais bien y aller comme tes frères. Je t’explique que tu vas y aller dans quelques temps, avec des enfants que tu connais déjà, pour jouer, écouter des histoires, coller, découper, dessiner, danser, faire du vélo, apprendre plein de choses. Tu es partante. Mais c’est une tromperie. Je te dupe. Ce n’est qu’une toute petite partie de la réalité. Je ne te dis pas tout le reste. Tu ne sais pas du tout ce qui t’attend.
Le piège va se refermer sur toi. En fait, il s’est déjà refermé ; tu iras. Tous les jours. Pendant des années. Avec mal au ventre s’il le faut.
Certes, il n’est pas question que tu y ailles l’après-midi la première année. Et tu seras une « vieille » de plus de trois ans et demi. Je pense que tu seras armée : sociable, tu parles très bien … tu sauras te faire aimer et réussir ce que tu auras à faire.
Et puis, plus de ces journées à nous. Finalement, la stabilité, le « durable » auquel j’aspirais à la fin de mon congé de maternité, se termine déjà. Bien qu’il nous reste encore des mois, j’y pense beaucoup.
Toi à l’école. Moi à l’école. Mais pas la même. Quatre jours par semaine. Non. Me voici déterminée à demander à nouveau un mi-temps, pour un an encore. Les prolongations, le sursis, la der des ders. La transition ; pour deux jours par semaine, le matin toi à l’école et moi travaillant à la maison, l’après-midi à nous. Pour te sentir. Te regarder. T’écouter. Grandir ensemble. Et le plaisir d’aller chercher tes frères à l’école. L’impatience de les retrouver aussi.
28 décembre 2011
Etat des lieux (28)
Noël est passé, remplissant la maison de jouets éparpillés. Les choses semblent claires pour toi : le Père-Noël n’existe pas. Il est dans les livres, les dessins animés … que nous regardons avec plaisir.
Depuis quelques semaines, tu veux dormir dans le lit du bureau. Ton frère est bien dépité de ne plus t’avoir à côté de lui dans sa chambre ; il aime te regarder dormir. Parfois, tu demandes encore à téter une fois dans la nuit.
Tu es toujours la même tétouilleuse.
Tu as bien compris que je n’aime pas que tu tètes devant quelqu’un d’extérieur à la famille. Quand tu veux téter et qu’un tiers est présent, tu cherches des solutions pour concilier ta demande et mon envie de discrétion. Puis tu m’indiques que, comme cela, on ne peut pas voir mes tétés.
Quand nous prenons le bain ensemble, tu fais boire les tétés dans un récipient. Tu m’expliques alors que les tétés ont besoin d’eau pour faire du lait.
Tu as découvert au fond d’un placard un vieux biberon qui appartenait à un de tes frères. Tu le demandes souvent, rempli de cocholat-lait. L’attrait de l’exotique, de l’inhabituel, de ce que tu n’as pas et que les autres ont.
20 décembre 2011
Traces écrites de maths pour le CE1
Voici mes traces écrites de maths pour le CE1. Elles correspondent à l'utilisation du manuel Cap Maths.
Ces traces écrites concernent: dizaines et unités, mesurer une longueur avec une unité, se repérer dans un quadrillage, doubles et moitiés, les polygones,les idstances, les masses et les multiplications posées. Il y a aussi deux fiches d'aide au calcul posé pourles soutractions (méthode où l'on "casse" les dizaines et les centaines) et les multiplications.
Ces traces écrites ne sont pas coplètes; elles sont faites pour être complétées collectivement en classe par les élèves.
10 décembre 2011
évaluations de vocabulaire pour le CE1
Voici mes évaluations de vocabulaire pour le CE1 correspondant aux traces écrites déjà postées ici.
07 décembre 2011
Traces écrites sur le vocabulaire pour le CE1
Voici les traces écrites que j'ai utilisées en CE1 concernant le vocabulaire: ordre alphabétique, utilisation du dictionnaire, synonymes, contraires et mots de la même famille.
Dans les traces écrites, les espaces laissés libres sont destinés à être complétés collectivement par les élèves.
26 novembre 2011
Te promettre la Lune
Debout sur le Zinc
J'aimerais tant te promettre la lune
Je ne connais rien
De toi, de nos chemins
Je te parle comme ça
Par peur d'être sourd
Muet, quand mon tour viendra
Comme je t'imagine
En jupe ou en jean
Te jetant dans mes bras
Se dessinent au loin
Les nuits qui n'en finissent pas
J'aimerais tant te promettre la lune
Mais la lune est déjà prise
Livrer pour toi les clés de la fortune
Dans un monde un peu paisible
Et si je me fatigue
À trop vouloir gagner
Je n'ai rien à t'offrir
Tu n'es pas encore né(e)
Je te parlerais de ma vie
Comme elle peut faire envie
Et décevoir souvent
Comment s'enchaînent
Les joies les douleurs, tout l'temps
Je te parlerais de celle
Qui m'a pris sous son aile
Sans que je sache comment
Celle que tu appelleras
Un jour ou l'autre Maman
J'aimerais tant te promettre la lune
Mais la lune est déjà prise
Livrer pour toi les clés de la fortune
Dans un monde un peu paisible
Mais les hommes se fatiguent
À trop vouloir gagner
Rêver ne vaux pas vivre
Tu n'es pas encore né(e)
Mais rien de tout cela
Dans la chambre du bas
Où résonne à peine
Le bruit de mes pas
Juste une frise au mur
Et un mobile qui ne tourne pas
Et j'évoque malgré moi
Le vide d'ici-bas
Tout ce qui sans toi ne m'intéresse pas
Je soigne mes blessures
Je sais... que tu me viens déjà
J'aimerais tant te promettre la lune
Mais la lune est déjà prise
Livrer pour toi les clés de la fortune
Dans un monde un peu paisible
J'aimerais tant te promettre la lune
19 novembre 2011
Jean-Louis Trintignant
Voilà quelques jours qu'on a la chance d'entendre la voix si malicieuse, et pourtant si grave de Jean-Louis Trintignant dans différentes émissions de radio (et croyez-moi, commencer sa journée par la voix de Jean-Louis Trintignant alors qu'il fait encore nuit, au milieu des bouchons, à 7h30, en route pour son collège ZEP du 93, ça fait du bien!).
Ce soir, la lecture qu'il fait de Prévert, Vian et Desnos au théâtre de l'Odéon, accompagné par Daniel Mille à l'accordéon et Grégoire Korniluk au violoncelle, est diffusée en direct sur France Culture.
Pour l'écouter, le réécouter, et le réréécouter, c'est ici => http://www.franceculture.fr/emission-fictions-droles-de-drames-trois-poetes-libertaires-par-jean-louis-trintignant-2011-11-19
A noter aussi qu'il participe au dernier album d'Arthur H et que la chanson qu'ils ont enregistrée ensemble, L'Ivresse des hauteurs, est magnifique...
08 novembre 2011
allaiter partout ... simplement
Voici un très joli diaporama sur le thème « allaiter partout … simplement», fait par une association québécoise.
Allaiter un certain temps ne paraît pas « normal », et en public encore moins. Alors beaucoup n’osent pas. Allaiter devant quelqu’un. Ou tout simplement dire que leur enfant est allaité. L’allaitement se cache, par nécessité, pour se protéger. Et plus il se cache, moins il est accepté, et plus il est besoin de le cacher. Un cercle vicieux, quoi.
Alors il me semble important de le dire et de le montrer: oui, allaiter longtemps, ça existe, ce n’est même pas rare, et ça n’empêche pas d’être « normale ».
C'est ici: http://www.allaiterpartout.com/p/diaporama.html
01 novembre 2011
Responsable
Pourquoi ai-je fait des enfants ? Et trois, en plus ?
Parce que j’en avais le désir brûlant au fond de moi. C‘est-à-dire, pour ma satisfaction personnelle. Par égoïsme.
Je suis persuadée que, au fond, si l’on a des enfants, c’est pour avoir quelqu’un qui nous aime totalement et sans condition. Et pour avoir quelqu’un envers qui faire de même. Pour tromper la solitude en sommes, pour se faire croire à soi-même que l’on n’est pas seul. Une illusion. Et ça marche, il faut bien le dire.
Mais voilà, je ne suis pas persuadée que la vie soit un cadeau.
Qu’est-ce qui compte ? La souffrance ou l’absence de souffrance, valeur négative ? La balance entre les éléments vécus positifs et négatifs?
En donnant la vie, on ne peut pas éviter de donner la souffrance. Quel sens cela a-t-il de donner la souffrance à ceux que l’on aime le plus ? Le bonheur et les plaisirs que l’on espère pour ses enfants en sont-ils une justification suffisante ?
Ai-je bien fait de mettre les miens au monde ? Qu’il n’y ait pas d’ambigüité ; le monde regorge de sources d’intérêt, de plaisir, d’émerveillement, dont je m’abreuve chaque jour, et je suis persuadée que jamais je ne regretterai d’avoir vécu. Alors ?
J’ai entendu dire par des défenseurs de l’autorité que la contraception avait changé la conception de la parentalité, les parents estimant désormais que, puisqu’ils avaient choisi de faire leurs enfants, ils avaient envers eux le devoir de les satisfaire. Et qu’ils n’osaient en conséquence plus les frustrer, les punir, poser des limites …
Or il ne s’agit pas pour moi de devoir, mais de responsabilité. On est responsable de la vie de ses enfants, quelle qu’elle soit, puisqu’on a fait qu’elle soit plutôt qu’elle ne soit pas.
Une responsabilité que, par nature, l’on prend sans pouvoir l’assumer.



